Etudier, enseigner, pratiquer. Quitter l'université sans abandonner la sociologie
J'ai enseigné la sociologie, sous de nombreuses formes: sociologie de la culture et de la communication, mais aussi sociologie du corps. Et aussi: sociologie générale, souvent abordée par le prisme de la microsociologie et de l'interactionnisme. Introduire à la sociologie, nécessite aussi d'en faire l'histoire, et de repérer les modalités de la connaissance propre aux sciences sociales - d'où mon intérêt pour la conceptualisation et l'épistémologie.
Tout au long de ces enseignements, j'ai tenté de sensibiliser les étudiant-e-s à la nécessité de se déprendre de l'esprit de clocher: celui qui anime les préjugés du sens commun, mais aussi la tendance des sociologues à constituer des chapelles qui se considèrent avec hostilité. Mon intérêt pour la "philosophie sociale" et la "théorie critique". pour l'étude des situations existentielles "immédiates", pour les imbrications entre connaissance scientifique et institutions, m'a conduit à révoquer en doute les querelles doctrinales.
A la fin de mes études, j'avais rédigé une thèse en sociologie de la culture - sauf que les sociologues la considéraient avec circonspection, la considérant comme... culturelle, alors que les lettreux déploraient in petto le fait qu'elle soit sociologique. Ensuite, mes recherches ont surtout porté sur les politiques culturelles. Mes publications, variées, ont fait alterner la sociologie stricto sensu et des modalités plus essayistes - souvent liées à mes activités culturelles et politiques.